Ermo

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 19 septembre 2007

Cette nuit-là

Souvenirs, souvenirs... je me suis souvent demandé ce que ça faisait d'avoir eu une enfance "normale". Est-ce qu'on en garde quand-même des traces marquantes ? C'est bizarre à imaginer pour moi, j'ai l'impression qu'il me manquerait quelque chose. Évidemment je ne veux pas dire que je suis content d'avoir déjà eu mon premier cancer, faut pas déconner... Mais je reconnais que j'ai comme une sorte d'affection pour mes vieilles cicatrices (physiques ou non). C'est du mauvais souvenir mais c'est du souvenir quand-même, ça m'appartient, ça me construit, ça constitue une part de mon identité. J'ai même longtemps cru que mon identité n'était que ça, d'ailleurs. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que je n'aurais pas aimé être celui que j'aurais été sans "ça". C'est sûr qu'il aurait été drôlement différent de moi, ce con. Bref, c'était juste pour dire que je ne porte pas mon histoire comme un poids insupportable, c'est la mienne et elle en vaut bien d'autres. En revanche, j'aimerais savoir m'éloigner de quelques vrais-faux souvenirs encore chauds malgré les années.

Lire la suite...

lundi 9 juillet 2007

Handicap

Je me souviens de l'entretien avec le radiologue. Un brave type : il avait tenu à m'expliquer les effets secondaires de la radiothérapie malgré mon jeune âge, certainement par conscience professionnelle. Mon souvenir est flou, d'autant plus que je n'étais sans doute pas au mieux de ma forme au moment de l'entretien, probablement sous chimio. Mais je me rappelle sa gêne, et ses efforts louables pour m'expliquer ces choses d'adulte, pas faciles à faire comprendre à un gamin d'une dizaine d'années. Imagine : non seulement il y a le problème d'aborder des questions d'ordre sexuel avec un gosse, mais en plus le gamin devant toi, tout sage et attentif, tu te doutes qu'il ne se sent pas très concerné : pour le moment guérir d'une leucémie ça suffit à son horizon, il n'en est pas encore vraiment rendu à envisager sa vie d'adulte, ça doit lui sembler un peu lointain.

Lire la suite...

lundi 18 juin 2007

Myélogramme

Cela fait un certain temps que je vois arriver sur ce blog pas mal de gens qui arrivent ici en cherchant "miellogramme". Donc ça fait un certain temps que je me dis qu'il faut que j'en parle, ne serait-ce que pour renvoyer vers une source d'information sérieuse. Alors première information : ça ne s'écrit pas "miellogramme", mais plutôt "myélogramme" (en fait je faisais moi aussi la faute, y compris ici). Ceci devrait aider les égarés qui cherchent des informations d'ordre médical, puisqu'avec cette orthographe on peut aller se renseigner . Inutile de vous dire que vous n'aurez pas l'aspect médical sur ce blog : ma contribution à moi, ça ne peut être que le souvenir que ça laisse dans la tête d'un môme d'une dizaine d'années.

Lire la suite...

mardi 12 juin 2007

Urgences

Ce soir j'ai fait un tour aux urgences d'un hôpital (rien de sérieux, rassurez-vous !).

Attendre son tour aux urgences, ça ne soigne pas vraiment mais ça relativise quand-même pas mal les problèmes...

mardi 24 avril 2007

Vieille camarade

Ce soir j'ai peur. Elle arrive comme ça, il suffit d'un rien, de rien en fait. Comment décrire cette peur ? Ce n'est pas une peur étouffante, qui entoure, qui oppresse. Non, c'est une peur invisible, rapide, perçante. elle me donne des coups brefs, brusques, mais pas très forts. comme si elle jouait autour de moi et s'amusait à foncer vers moi pour me bousculer, toujours du côté où je ne l'attends pas. Je ne la vois pas, je ne comprends pas, il n'y a rien pour me protéger. Je cherche un abri mais il n'y a rien, comme dans un cauchemar. Aujourd'hui j'essaie de comprendre. De quoi ai-je peur, au fond ?

Lire la suite...

jeudi 4 janvier 2007

Mon fantôme

Me sens pas terrible ce soir. Une petite angoisse sournoise qui s'invite. Je ne l'ai pas vue arriver et tout à coup elle est là : je me demande ce qui ne va pas, pourquoi ce léger mal de ventre, pourquoi cette sensation de froid pas vraiment physique, pourquoi ce manque d'entrain soudain, et puis je ressens cette peur sourde, ce courant d'air, pourtant pas très fort, qui me vide doucement la tête. J'ai peur. Sans comprendre, je ressens le besoin de serrer une main, serrer très fort comme pour s'accrocher. Alors je reconnais le souvenir, tellement vivace malgré les nombreuses années qui m'en séparent aujourd'hui.

Lire la suite...

mercredi 6 septembre 2006

Courage ? (1)

Je m'étais finalement décidé à prendre les quelques rendez-vous médicaux requis pour le "bilan". Théoriquement je suis supposé faire ce bilan toutes les x années, x étant maintenant 3,4 ou 5, je sais plus. Il consiste en trois ou quatre examens de diverses spécialités : hémato, cardio, ophtalmo, etc. C'est un peu chiant mais c'est pas trop fréquent. Toujours est-il que j'avais comme souvent laissé trainé tout ça, un retard de quelques années, et pas du tout par oubli. Comme je n'arrive pas à me détacher de l'idée que c'est injuste d'avoir à supporter ça (même si en l'occurrence il ne s'agit que de quelques heures à l'hosto), ça m'emmerde beaucoup plus que ça ne devrait (au sens où une perte de temps beaucoup plus importante pour une formalité administrative quelconque m'est nettement moins désagréable, par exemple).

Lire la suite...

samedi 1 juillet 2006

Les dimanches

Il était une fois un petit garçon qui vivait heureux avec sa famille. Souvent il jouait avec ses deux petites soeurs, ensemble ils inventaient des tas de jeux. Son papa leur lisait des histoires le soir avant qu'ils aillent dormir. Certains jours, sa maman leur faisait de bons gâteaux. Comme tous les enfants, il allait à l'école. Il s'appliquait en classe pour apprendre des choses, et il aimait jouer avec ses amis à la récréation. Il arrivait parfois que sa maman soit énervée, que son papa soit malade, ou qu'il se dispute avec ses soeurs. Mais la vie était somme toute plutôt agréable, pour lui comme pour beaucoup beaucoup d'enfants insouciants à travers le monde.

Lire la suite...

lundi 8 mai 2006

La pluie

J'aime la pluie. Je pourrais l'aimer rien que parce que la plupart des gens ne l'aiment pas, mais ce n'est pas pour ça. Ce n'est d'ailleurs pas si original que cela. Ce goût un peu déraisonnable, je l'ai rencontré ici ou là, chez des personnes du monde réel ou d'un autre, dans des romans par exemple. Il y a alors toujours ce petit sentiment de complicité, comme si on partageait là un tout petit morceau de sagesse inaccessible au plus grand nombre. Car le plus grand nombre qualifie de mauvais le temps lorsqu'il est à la pluie, et s'en plaint comme d'une fatalité. On lui accorde seulement comme circonstance atténuante sa nécessité à la survie des plantes en général, celle des fruits et légumes en particulier, et accessoirement celle des agriculteurs.

Lire la suite...