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Mot clé - Décisions

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samedi 2 juin 2007

Les 10%

J'étais parti pour un petit commentaire, et puis finalement ma réflexion m'a emmené plus loin que je ne le pensais. C'est ce texte intéressant de Mémoires d'un apathique qui m'a fait réfléchir :

"Mais de se dire que si ce pourcentage (de 10%) n'augmente pas, nous continuerons à habiter un monde aberrant et inique. Parce que 90%, les autres, continueront à faire ce qu'on leur demande, quoi qu'on leur demande..."

Je me permets une modeste hypothèse d'interprétation : en général, l'être humain a tellement besoin de se rattacher à une norme, et est tellement effrayé par l'éventualité d'en être exclu, qu'il a tendance à chercher les ressemblances avec ses plus proches voisins. Mais comme les différences restent nombreuses (par définition tout être humain est unique), le groupe tend à se définir par opposition au reste du monde, ceux qu'on ne connaît pas, qu'on ne comprend pas, donc qui font un peu peur en fait. Finalement, l'être humain se sert plus de son cerveau pour se conformer aux exigences de son groupe social que pour exercer sa liberté, cet exercice nécessitant à l'opposé une démarche de "solitude intellectuelle".

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dimanche 26 novembre 2006

Enrhumé

Dans la vie, il y a des tas de trucs qui ne sont pas à notre goût. On peut s'en plaindre, dire que c'est la faute à untel, se lamenter sur le manque de chance ou radoter que c'était mieux avant. Mais parfois, si on trouve que c'est vraiment important, il faut savoir refuser la fatalité et faire des choix en conséquence. Par exemple, si tu penses que vraiment les hommes/femmes politiques sont tous pourris, que c'est inadmissible, eh ben t'as qu'à t'y mettre, peut-être que les gens voteront pour toi. D'une certaine façon on pourrait dire qu'il y a une solution à presque tout, c'est juste une question de priorité, c'est-à-dire de rapport entre l'importance de la question à tes yeux et l'investissement requis pour y apporter une solution. Prenons le temps qu'il fait : même si tu ne peux pas le changer, s'il ne te plaît pas tu peux toujours partir vivre sous un climat plus à ton goût. En fait, tout le problème est là : choisir entre les choses sur lesquelles tu veux avoir un contrôle et celles que tu dois accepter telles quelles.

Tout ça pour dire que le rhume, eh ben c'est un truc qu'on est un peu obligé d'accepter ! Ah ah, tu t'attendais pas à ce que je fasse une intro aussi abstraite pour parler de mon rhume !

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jeudi 2 novembre 2006

Mon grand-père et moi

Ce matin, ma mère a laissé un message sur mon répondeur. Elle me dit que ce week-end elle va voir mon grand-père, en maison de retraite depuis à peine un an. Sa santé décline de jour en jour. Pas étonnant, de mon point du vue : c'était un homme extrêment actif, volontaire, courageux. Toute sa vie il a fait des choix, pris des décisions, agit, le plus souvent dans l'intérêt d'autrui. Il a été heureux sans aucun doute, mais plutôt en donnant de lui-même qu'en profitant de la vie pour lui-même. Devenir inutile a été et reste certainement pour lui un calvaire, une aberration, quelque chose d'absurde dans sa conception de la vie. Il ne laisse pas ou peu le personnel s'occuper de lui, ne demande jamais d'aide, ne se plaint pas même quand il a de bonnes raisons de le faire. A mes yeux, il va mourir de ne pas avoir trouvé d'autre sens à sa vie que le don de soi. Rien d'anormal à cela au demeurant : mourir "de vieillesse" après une vie riche, bien remplie, heureuse dans l'ensemble. Il était et restera pour moi un modèle de morale, de justice, de courage. Il incarne cette foi qui déplace les montagnes, qu'on peut appeler volonté : aide-toi, le ciel t'aidera. Volonté qui manque si cruellement à mon père, au passage. Bien sûr il n'était pas un saint non plus, son extrême rigueur présente de sérieux inconvénients.

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vendredi 27 octobre 2006

Changer ?

Cela fait un peu plus d'un an maintenant. La date n'est pas très précise. Il y a d'abord eu des signes annonciateurs vers janvier 2005, quelque chose qui ne fonctionnait plus : angoisse diffuse, crises d'anxiété, le corps qui répond mal parfois. Et puis il y a eu quelques facteurs concrets : les difficultés professionnelles de plus en plus pressantes, une situation familiale malsaine (mon père hospitalisé en psychiatrie depuis longtemps, sa tentative de suicide). Jusqu'à l'été où j'ai perdu pied, sans doute ce qui m'est arrivé de mieux. J'ai fait moi aussi mon petit séjour en psychiatrie, et j'ai décidé que ce devait être le seul. Merci Papa, tu m'auras au moins montré ce qu'il ne faut pas faire. On m'a dit que je n'étais pas dépressif comme l'est mon père, j'ai pensé que ça pouvait bien être un mensonge mais j'ai décidé d'y croire. J'ai compris que j'avais traîné trop longtemps ces boulets accrochés à mes pieds, de plus en plus lourds, sans oser les regarder. Ce n'était pas le bon moment, c'était même le pire moment professionnellement parlant, mais c'était le moment. Alors j'ai changé. Il fallait détourner le lit de la rivière, cette vie qui coulait dans une mauvaise direction, pas vers moi. Il fallait tout casser ou presque, reprendre quasiment à zéro. Il y a eu une prise de conscience des plus douloureuses, en novembre dernier. On ne côtoie pas la mort sans en garder des traces. Je me suis raccroché aux branches, instinct de survie. J'ai reconstruit morceau par morceau, lentement, laborieusement, maladroitement. Ai-je passé le plus dur ? Suis-je plus proche de mon point de départ ou d'arrivée ? Nul ne peut le dire, c'est la vieille histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Ces temps-ci c'est la fin de quelque chose. Malheureusement je ne vois pas encore le début d'autre chose, mais ça viendra j'espère. En attendant je peux lâcher ici quelques morceaux de cette histoire, il y a presque déjà prescription...

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