Sales idées. Je n'aime pas trop dépendre des gens. D'abord par crainte de les gêner évidemment, mais aussi à cause de mon sale caractère de sauvage solitaire. J'opte souvent pour le choix difficile où je suis autonome plutôt que de me laisser aider, pour ne pas risquer de me sentir redevable probablement. C'est un peu con, je le reconnais. Je suis conscient de dépendre plus ou moins de pas mal de gens, mais j'essaie de m'arranger pour que la dépendance reste limitée. Surtout, j'évite de ne dépendre que d'une seule personne : dépendre juste un peu de plein de gens différents me semble moins dangereux. Bon ok, c'est un peu stupide comme attitude, mais c'est pas encore trop grave, je me débrouille avec ça.

Non, le pire, c'est dans l'autre sens : je ne supporte pas l'idée qu'on puisse dépendre de moi. Pas seulement le fait qu'on dépende de moi, non, la seule éventualité d'une dépendance, même partielle, de quelqu'un à mon égard me rend quasiment cinglé. C'est pas très malin, je m'en doute, mais je n'y arrive pas. Et bien sûr il faut entendre ce mot "dépendance" au sens large : au fond, je réagis mal à tout ce qui pourrait signifier qu'on s'attache à moi. C'est peut-être pour ça que je préfère fréquenter des gens plutôt "forts", je veux dire qui ne semblent pas avoir besoin de s'attacher. Et réciproquement, c'est peut-être pour ça que je suis souvent mal à l'aise avec des gens qui semblent avoir quelques faiblesses... Ou alors c'est parce que je reconnais chez eux mes propres failles que j'accepte mal, ça se tient aussi.

Pourquoi cette phobie de la dépendance d'autrui ? Bof, j'imagine que l'exemple du couple de mes parents ne m'incite pas à l'optimisme : une dépendance un peu malsaine qui finit par rendre les deux malheureux, c'est assez moche. Et toujours cette histoire de "place", je ne peux m'empêcher de penser que je n'ai pas droit à une telle place. Bien entendu, le panorama serait encore trop beau si je n'évoquais pas aussi quelques vieux démons malveillants (comme il se doit) : l'impression que je risque de faire du mal sans le savoir, sans le vouloir.

Ne serait-ce qu'en mourant, par exemple.

Tiens, savez-Vous ce qu'est le "point Godwin" ? C'est quand une discussion polémique dérape vers l'insulte, en associant les idées de l'adversaire au nazisme ou à des idées extrêmes du même tonneau. C'est une façon de dire que la discussion a merdé, en quelque sorte. Je vais m'inventer le "point Ermo", pour quand une discussion (ou un monologue) dérape vers des idées morbides...